Dossier de presse

Clip vidéo – TF1 - Alerte à la pénurie de médecin dans les campagnes, 23 oct 2008

« En plein désert médical 

Sur la carte de France, le canton de Mondoubleau (Loir-et-Cher) se repère à ses hachures. Dans les codes de l'assurance-maladie, les traits symbolisent le stade ultime du déséquilibre entre nombre de médecins et d'habitants. Le désert médical. (…)

Dans ce coin vallonné du Perche, les agriculteurs cohabitent avec des Parisiens qui ont transformé d'anciennes fermes en résidences secondaires. (…)

Le bourg compte deux pharmacies, trois salons de coiffure, un hypermarché mais seulement trois généralistes, dans une zone où vivent 6 000 personnes. Pour égaler la moyenne nationale, il en faudrait... trois fois plus! Autant dire que les Mondoublotiers n'attendent rien d'une future loi qui ne devrait pas remettre en question la liberté d'installation pour les praticiens. Et misent sur un homme providentiel, le médecin roumain de 53 ans qui, en janvier, a posé ses valises dans leur commune.

En l'espace d'un mois, 180 personnes ont déjà déclaré le Dr Ovidiu Stanculescu comme médecin traitant auprès de la Sécurité sociale. Claude, restaurateur à la retraite, revient le consulter pour la troisième fois. Il lui sait gré de s'être déplacé jusqu'à son hameau, un jour de gastro-entérite, alors que les autres avaient refusé pour cause d'emploi du temps surchargé. "Ceux-là veulent juste un petit travail tranquille, fulmine le sexagénaire. Ils se moquent pas mal de leurs patients!" Et d'ajouter, soudain radouci: "Pourvu que le gars se plaise ici..." »

Source: L’Express, 25 Février 2009

« Le nombre de médecins par habitant recule

(…) Annoncé depuis des années, le retournement de tendance est là : pour la première fois, l'an dernier, la densité de médecins a reculé en France. Et de façon significative. Selon les statistiques que publie jeudi le Conseil national de l'ordre, le nombre de médecins en activité est passé de 340,4 pour 100 000 habitants, au 1er janvier 2007, à 322,4 au 1er janvier 2008.

(…)Les difficultés pour trouver un médecin dans certaines banlieues ou campagnes vont donc s'aggraver. (…) Malheureusement, les mesures prises jusqu'ici pour tenter un rééquilibrage ne semblent rien donner ou presque. L'Ordre a ainsi passé au crible les zones «sous-médicalisées» où les médecins peuvent prétendre à des aides à l'installation ou à un bonus de 20 % sur le montant de la consultation (…).

En attendant, il faut souvent recourir à des médecins étrangers : 40 % des anesthésistes installés l'an dernier, 20 % des pédiatres ou 17 % des chirurgiens viennent de l'Union européenne, en majorité de Roumaine.»

Source: Le Figaro – Economie, 18 Septembre 2008

« Le malaise des médecins

Le mal est profond, diffus et disparate... Car tout le monde n'est pas logé à la même enseigne. Les difficultés du médecin de campagne ne sont pas celles du spécialiste parisien ou du professeur des hôpitaux. Les problèmes de l'anesthésiste-réanimateur divergent de ceux du psychiatre ou du pédiatre. (…)

La succession de lois et de réformes, ces dernières années, n'y a rien fait. Au contraire, le mal s'est aggravé. (…)

Mieux répartir les médecins dans l'Hexagone, c'est justement le cœur de la grande refonte du système médical prévue par le projet de loi Hôpital, patients, santé, territoires (HPST), récemment présenté en Conseil des ministres par Roselyne Bachelot, le ministre de la Santé. (…)

Je commence ma journée à 8 heures et la finis à 22 heures 

Et si tout avait commencé par la quasi- disparition du médecin de famille ? Ce médecin de ville ou de campagne que l'on pouvait quérir à toute heure du jour ou de la nuit et qui nous présentait son successeur longtemps à l'avance. Un homme ou une femme respecté(e) et écouté(e). Il en reste bien quelques-uns, reconnus et heureux d'exercer, même s'ils se plaignent d'horaires dantesques et craignent de ne pas trouver de repreneur pour leur cabinet.

Le Dr Renaud Bousquet, médecin au Berric (1 400 habitants), près de Vannes, est de ceux-là : « J'ai 53 ans, raconte-t-il. Je suis le seul docteur du village et des alentours. J'ai deux confrères à Questembert, qui attendent l'improbable successeur pour partir à la retraite. Je vois environ 55 patients par jour. Et je suis appelé en première intention pour tout et par tous : les gendarmes, les pompiers... Je commence ma journée à 8 heures, je la termine à 22 heures, et il reste encore toute la paperasse. Médecin, c'est une vocation. »

(…) Si la région Provence-Alpes-Côte d'Azur dénombre 419 praticiens pour 100 000 habitants, et l'Ile-de-France, 414, la Picardie en abrite 260 et la région Centre, 271. Au point que des municipalités appellent à la rescousse des médecins de nationalité roumaine ou polonaise. Résultat : les grandes villes connaissent une surabondance de docteurs en concurrence, sans véritable clientèle, tandis que les campagnes, très demandeuses, n'ont plus de soignants.»

Source: Le Figaro Magazine, 5 décembre 2008

« Déserts médicaux

(…) Comment en est-on arrivé là ? Le diagnostic est unanimement partagé. Ainsi, la très sérieuse Cour des comptes indique que « la croissance des effectifs de médecins s’est faite sans autre régulation que celle très globale du numerus clausus (1), laissant s’installer d’importants déséquilibres géographiques et sectoriels ». À cela s’ajoutent bien sûr une réelle crise de vocation et des réticences à exercer ce sacerdoce loin des lumières de la ville.

(…) Du coup, dans certains cantons auvergnats, les médecins généralistes deviennent des espèces protégées que l’on bichonne de peur qu’ils ne s’expatrient. À Ferrières-sur-Sichon, dans la Montagne bourbonnaise, le maire, Jean-Marcel Lazzerini, ne sait plus, lui, quel argument mettre en avant pour attirer un docteur. « Depuis trois ans, nous avons relayé ce message dans toute la France. Nous avons exploré des filières espagnoles et nous avons eu des contacts avec des médecins belges », explique-t-il. De France 2 à la Semaine de l’Allier, sans oublier l’inégalable journal télévisé de TF1, son offre a été reprise par tous les médias. Vingt-sept candidats ont défilé…Aucun n’est resté. Pourtant, l’élu ne lésinait pas sur les moyens, offrant un local professionnel et un logement de fonction ! (…) »

Source: Auvergne info, Dossier « Les territoires ruraux se soignent »

« La pénurie de médecins se dessine

Particulièrement inégalitaire, la répartition des médecins pose problème. Et le Jura n’est pas particulièrement bien pourvu.

(…) « il est inquiétant de constater que les zones les moins denses sont aussi, bien souvent, celles où l’âge des médecins est le plus élevé. Si l’on ajoute à cela que ces zones, à dominante rurale, sont sans doute aussi celles qui seront les plus concernées par le vieillissement de la population, on ne peut que s’interroger sur la capacité de l’offre de soins locale à couvrir, aussi bien qu’aujourd’hui, les besoins des populations dans un avenir relativement proche » note l'Urcam.

(…) Aujourd’hui, quand un médecin s’en va ou prend sa retraite « une fois sur deux, il n’est pas remplacé » note le docteur Gilotte. La faute notamment au numérus clausus instauré à une époque où on pensait que « plus on aurait de médecins, plus on aurait de malades ». Pour aboutir aujourd’hui à une situation de quasi-pénurie. Alors, compte tenu de la durée des études de médecine, l’augmentation consentie du nombre d’étudiants en médecine cette année ne portera ses fruits que dans dix ans. Et encore, pour ce qui concerne les généralistes uniquement.

(…) Une population médicale vieillissante 369 médecins généralistes (dont 219 en libéral) ont une activité régulière sur le Jura (source conseil de l’Ordre ).Leur moyenne d’âge de 48,8 ans pour les hommes et 45,3 pour les femmes. 46% des généralistes francs-comtois ont plus de 50 ans. Sachant qu’il faut dix ans pour former un généraliste et quatorze pour un spécialiste, l’ordre des médecins tire la sonnette d’alarme et réclame des mesures d’urgence pour remédier à une pénurie annoncée pour 2008. »

Source: Jurassiens et amis du Jura, Etude « La pénurie de médecins se dessine »

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